A
l'occasion de la journée internationale des femmes, ce lundi 8 mars, le
moteur de recherche Google, et à travers son doodle illustré célèbre cette journée avec une courte vidéo animée inspirante de la
participation des femmes.
Cette vidéo se concentre sur la présentation d’un certain nombre de
mains féminines symbolisant les femmes pionnières qui ont réussi à
ouvrir des portes et des opportunités pour d’autres femmes, en
particulier dans les domaines dominés par les hommes. Par exemple dans
les domaines de l’éducation, des droits civils, des universitaires, des
arts et d’autres domaines.
Cette courte vidéo d’animation est l’œuvre de l’illustratrice Hélène Leroux. Elle a versé son
illustration sur le thème « Les femmes d’abord » comme une forme de
respect pour le passé, le présent et les futurs pionniers. Cela s’aligne également sur le thème de la célébration de la Journée
internationale de la femme 2021, à savoir « Les femmes en leadership :
parvenir à un avenir égal dans un monde COVID-19 ».
Le site officiel d’ONU Femmes soulève les idées et les efforts
des femmes du monde entier pour façonner un avenir plus équitable et se
rétablir de la pandémie covid-19 et souligne les lacunes restantes.
Les Doodles
des années précédentes avaient l'habitude de commémorer les
réalisations de femmes devenues célèbres en changeant le cours de
l'histoire dans les domaines des sciences, des droits civiques, du
sport, des arts ou des technologies, Google a voulu innover en mettant en lumière, pour la première fois, d'illustres inconnues.
Il y a deux
ans, le collectif américain Spark (Sexualization Protest: Action,
Resistance, Knowledge) avait reproché au moteur de recherche le plus
célèbre du monde son sexisme concernant le choix des personnalités de
ses Doodles : les hommes occupant 83% de la "Une" de Google.
Vu que le 8 mars approche, journée Internationale de la Femme, je vous posterai quelques entrées autour de ce thème!
Le rapport annuel du Ministère de l'Éducaction Nationale "Filles et garçons sur le chemin de l'égalité" montre que les garçons réussissent moins bien que les filles:
Voilà ce que les femmes considèrent comme "plutôt sympa" ou non.
À partir de quand une petite drague devient harcèlement de rue? À partir
de quand cela n'est pas "plutôt sympa"? Cela change-t-il en fonction de
l'âge? Du milieu social? De l'heure de la journée? Du lieu?
La
Journée internationale des femmes et des filles de science,
célébrée chaque année le 11 février, a été adoptée par
l'Assemblée générale des Nations Unies afin de promouvoir
l'accès et la participation pleine et équitable des femmes et des
filles à la science. Cette journée permet de rappeler que les
femmes et les filles jouent un rôle essentiel dans la communauté
scientifique et technologique et que leur participation doit être
renforcée.
« Face
aux enjeux du XXIe siècle, nous devons exploiter
pleinement notre potentiel. Et cela suppose de venir à bout des
stéréotypes de genre. Il faut soutenir les femmes qui choisissent
de faire carrière dans les sciences et la recherche. »
Message
du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres
Quels
sont les points communes entre Henrietta Leavitt, Rosalind Franklin
et Marie Curie ?
Vous vous en doutez,
ce soit trois immenses femmes scientifiques, précurseurs en leur
temps, et qui ont dû -en plus- affronter de nombreux préjugés pour
pouvoir être reconnues comme scientifiques par la société de
l'époque.
« Selon l’UNESCO,
à l’heure actuelle moins
de 30% des chercheurs dans le monde sont des femmes et environ
30% seulement des étudiantes choisissent des domaines liés aux STEM
(Sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) dans
l'enseignement supérieur.
À l’échelle
mondiale, le taux de scolarisation des filles est particulièrement
faible dans les domaines suivants :
Technologies
de l'information et des communications, 3%
Sciences
naturelles, mathématiques et statistique, 5%
Ingénierie,
fabrication et construction, 8%
Depuis longtemps, les
préjugés et les stéréotypes de genre éloignent les filles et les
femmes des domaines liés à la science. Et pourtant le monde a
besoin des sciences, et les sciences ont besoin des femmes et des
filles.
Les femmes ont mené
des recherches d’avant-garde dans les domaines de la santé
publique, de la vaccination, des traitements et des technologies
innovantes, et elles ont été en première ligne dans la réponse àla COVID-19 en capacité de scientifiques et de travailleuses de
soins de santé, et dans bien d’autres fonctions.
Malgré cela, les
disparités de genre dans les sciences et les technologies empêchent
les femmes de s’imposer. Seulement dans le domaine de la santé
cela change, mais bien que les femmes représentent 70 pour cent des
effectifs de santé et de soins sociaux, leurs salaires sont de 11
pour cent inférieurs à ceux de leurs homologues masculins.
La pandémie de
COVID-19 va probablement élargir les disparités de genre
existantes, surtout pour les femmes scientifiques se trouvant aux
premiers stades de leur carrière.
Plus que jamais, il
est important de reconnaître que les contributions des femmes aux
sciences brisent les stéréotypes et font échec aux discriminations
à l’égard des femmes et des filles dans les sciences.
Et maintenant on va
écouter le témoignage de Salomé Senckeisen, 30 ans, ingénieure
DET chez Arcadis, une entreprise d'ingénierie:
Son message pour les
jeunes filles : "Osez, au départ ! Osez vous engager dans des
filières qui sont masculines. Et ensuite, persévérez. Moi,
aujourd'hui je suis épanouie et je ne rêverai de faire aucun autre
métier."
Et oui, voilà on est déjà 25 novembre! et cette année, pour le 25 novembre 2020, dans beaucoup de pays on ne pourra pas manifester pour
exprimer nos colères, ni marcher pour lutter ensemble mais on doit quand même faire entendre nos voix ! Qu’il s’agisse de violences conjugales,
intrafamiliales physiques, sexuelles, psychologiques, administratives… à
l’égard des femmes et des enfants, des personnes en situation de
handicap, des personnes lesbiennes, des personnes trans… la liste est
longue pour décrire toutes les violences subies.
Les violences peuvent toucher tout le monde. De n’importe quel âge,
origine, milieu social… Et la situation de confinement ou semi-confinement à laquelle nous entraîne la pandémie du covid montre encore
l'ampleur de ce fléau: imaginons la peur de ces femmes, de ces enfants confinés avec leur bourreau!
Mais les victimes ont aussi peur de parler, de raconter les violences qu'elles subissent.
Voilà une publicité qui encourage les femmes à en parler:
Quelques publicités encore qui mettent l'accent sur les différentes formes de violence:
à travers les enfants on peut voir ce qu'il y a à l'intérieur de certains foyers:
Et voilà où certaines situations peuvent nous conduire: arrêtons avant! halte aux violences conjugales!!!
Mais il y a aussi d'autres façons de montrer son refus à la violence. Écoutons cette chanson de Bigflo &li: Dommage!
Et la chanteuse franco-chilienne Ana Tijou qui nous chante Antipatriarca
Aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue
l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues, les plus
persistantes et les plus dévastatrices dans le monde. Elle demeure
également l'une des moins signalées en raison de l'impunité, du silence,
de la stigmatisation et du sentiment de honte qui l'entourent.
La violence à l'égard des femmes s'entend comme englobant,
sans y être limitée, les formes de violences physiques, sexuelles et
psychologiques, telles que:
la violence d'un partenaire intime (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide);
la violence sexuelle et le harcèlement (viol, actes
sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur
enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel,
cyber-harcèlement);
le trafic d'êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle);
la mutilation génitale féminine;
le mariage précoce.
La Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes,
adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993, définit la
violence à l'égard des femmes comme « tous actes de violence dirigés
contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un
préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y
compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation
arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie
privée.
La violence à l’égard des femmes continue
d’être un obstacle à la réalisation de l’égalité, au développement, à la
paix et à la réalisation des droits fondamentaux des femmes et des
filles. Au total, la promesse des objectifs de développement durable (ODD) - ne laisser personne de côté - ne peut être remplie sans mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles.
Le thème de la campagne 2020 est : « Tous UNIS, d'ici 2030 pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes». Comme pour les éditions précédentes, cette date marque aussi le lancement des 16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence faite aux femmes, qui se termineront le 10 décembre 2019, Journée internationale des droits de l’homme.Ces activités se déroulent autour du thème mondial: "Orangez le monde: Financez, intervenez, prévenez, collectez"
À l’échelle mondiale et dans différents contextes, les femmes et les filles de tous horizons subissent des viols, des violences sexuelles et des actes de maltraitance. Depuis les campus universitaires jusqu’aux conflits armés, leurs voix et leurs expériences ont atteint un paroxysme que l’on ne peut plus ignorer ni passer sous silence. Il est temps de s’élever contre la culture du viol, de remettre en cause les déséquilibres historiques des pouvoirs et de mettre fin à la violence sexuelle.
L’édition 2019 du rapport des Nations-Unies explique que, globalement,
la situation du droit des femmes tend à s’améliorer dans le monde.
Néanmoins, inégalités et autres violations des droits fondamentaux
persistent dans de nombreux pays. Et dans certains pays, ces droits
reculent.
La
pauvreté et les violences faites aux femmes demeurent les fléaux les
plus répandus dans le monde. Le viol s'est répandu comme une arme de
guerre utilisée en toute impunité en Afrique et au Moyen-Orient, et des
dizaines de milliers de femmes sont traitées en esclaves sexuelles dans
les zones de conflits. Par ailleurs, bien qu'interdites par le droit
international, les mutilations sexuelles féminines se pratiquent encore
dans des dizaines de pays. S'il est impossible de passer ici en revue la
situation des femmes dans chaque pays de la planète, voici le point sur
la situation dans six d'entre eux, où la situation est jugée
préoccupante pour les droits des femmes.
En Pologne, la dénonciation de "l'idéologie du genre"
L’arrivée au pouvoir du parti Droit et Justice (Prawo i
Sprawiedliwość, PiS) en 2015 a signalé le début d'une campagne de
dénigrement systématique des idées d'égalité de genre. La dénonciation
de "l'idéologie du genre" par les ténors du PiS, relayée par l'Église catholique de Pologne s'est accompagnée de campagnes récurrentes de soutien aux "valeurs traditionnelles de la Famille".
Cela s'est traduit par exemple par la transformation des cours
d'éducation sexuelle dans les écoles en 2016. Rebaptisés "cours de
préparation à la vie de famille", conduits par les enseignants en
religion, ils promeuvent une éducation basée exclusivement sur
l'abstinence et "leur objectif semble être de prévenir tout rapport sexuel avant mariage", note un rapport de l'OMS sur le sujet. Dans son rapport sur la situation des Droits des Femmes en Pologne en 2019, Human Rights Watch écrit :
"L'assimilation de la promotion de l'égalité entre les sexes à une
"idéologie du genre" a entraîné dans les rhétoriques gouvernementales et
cléricales sa diabolisation comme force entraînant hypersexualité,
homosexualité, ou féminisme, autant de tares et d'agressions contre les
notions traditionnelles de mariage ou de famille."
Résultat de ces campagnes : toutes les associations de
défense des femmes, notamment celles prenant en charge les victimes de
violences domestiques, ont vu leurs subventions systématiquement
amputées voire purement et simplement annulées. Ministres,
députés et hauts fonctionnaires gouvernementaux affiliés au PiS ont par
ailleurs minimisé ce problème des violences conjugales en indiquant par
exemple que celles-ci ne pouvaient avoir lieu "dans des familles aimantes normales".
Le gouvernement polonais a d'ailleurs menacé à plusieurs reprises de
dénoncer la Convention du Conseil de l'Europe sur les violences
conjugales et violences faites aux femmes.
Face à la Commission des
Nations Unies sur le statut des Femmes, l'ambassadeur plénipotentiaire
Wojciech Kaczmarczyk
n'hésitait d’ailleurs pas en 2016 à mettre en avant le rôle des femmes
dans la société comme étant surtout associé à la reproduction, indiquant
que "les contraintes économiques et sociales forcent souvent les
femmes à renoncer à être mères ou à limiter le nombre d'enfants qu'elles
veulent".
Le gouvernement PiS a par ailleurs tenté d'interdire toutdroit à l'avortement.
La loi polonaise était déjà l'une des plus restrictives en la matière,
l'avortement étant interdit dans le pays sauf dans les cas de viol, de
développement anormal du fœtus ou de risque vital pour la mère.
Un projet de loi interdisant complètement l'avortement, déposé en 2016,
avait entraîné grève et manifestations, et avait été retiré. Un second projet de loi baptisé "stop à l'avortement",
soutenu par la Conférence des Évêques de Pologne est en cours d'examen.
Il interdirait tout avortement pour cause de malformation du fœtus ; la
grande majorité des quelques 1 000 avortements légaux qui ont lieu en
Pologne tous les ans sont liés à cette disposition. Selon la présidente
du Planning familial polonais, il y aurait par ailleurs quelque 100 000
avortements illégaux pratiqués dans le même temps dans le pays.
En Hongrie, on éteint la commission en charge de l'égalité entre les sexes
Atmosphère semblable dans la Hongrie de Viktor Orban où l'idéologie de "l'illibéralisme démocratique" du dirigeant hongrois s'est également traduite par l'encouragement et la mise en avant des "valeurs traditionnelles et familiales".
Dès 2010 avec son retour au pouvoir et son virage traditionaliste, le
parti de Viktor Orban, la Fidesz, fermait sa commission en charge de
l'égalité entre les sexes. Depuis, elle a été réintroduite dans les
instances du parti mais avec seulement deux personnes pour s'en occuper.
Comme en Pologne, le gouvernement de Viktor Orban s'est également
employé à discréditer les associations de défenses des droits des
femmes, les dénonçant comme autant "d'agents étrangers menaçant l'identité nationale".
En Russie, la décriminalisation des violences conjugales
En 2017, Vladimir Poutine promulguait une loi décriminalisant les
violences domestiques qui n'auraient pas entraîné de blessures graves ou
qui ne se seraient pas répétées dans l'année... Et ce, alors que les
violences domestiques tuent quelques 12 000 femmes annuellement en
Russie, une toutes les 40 minutes ! La loi avait été approuvée par le
parlement russe par un vote quasi unanime : 380 députés votant pour et
seulement trois s'y étant opposés. La sénatrice Yelena Mizulina qui
avait porté le projet de loi expliquait par exemple que l'humiliation d'un homme par sa femme était, à ses yeux, nettement pire que les violences d'un homme sur sa femme.
Dans les jours qui suivirent cette modification de la loi, le maire
de Yekaterinburg relevait que les violences domestiques avaient
immédiatement doublé dans sa ville, passant de 150 plaintes reçues
quotidiennement, en moyenne, à plus de 350. "Les gens ont eu l'impression qu'avant, c'était interdit (de battre sa femme) et que maintenant c'était autorisé", résumait, lapidaire, l'édile de la quatrième ville de Russie.
Sept ans après le viol en réunion et le meurtre de l'étudiante en
pharmacie Nirbhaya dans la capitale indienne, qui avait entraîné une
mobilisation sans précédent dans le pays, la "culture du viol" semble toujours de mise.
Les lois ont été durcies : les peines d'emprisonnement pour viol ont
été doublées et le gouvernement conservateur et nationaliste de Narendra
Modi, arrivé au pouvoir en 2014, a promis une politique de "tolérance zéro"
pour les violences faites aux femmes. Mais la réalité demeure que ces
violences se sont poursuivies et même la cour Suprême admet que les
changements législatifs opérés ces dernières années n'ont finalement
rien changé : une femme est violée toutes les 40 secondes en moyenne,
faisant de l'Inde le pays le plus dangereux au monde pour les femmes.
Quant à la bataille contre le viol et la tolérance zéro prônée par le
gouvernement Modi, force est de constater qu'on est encore très loin du
compte. L'Inde a toujours l'une des plus faibles proportions de
condamnations pour viol au monde : 0,3% en 2018 ! Selon les chiffres du
National Crime Records Bureau, il y a eu cette année-là 156 327 procès
pour viol dans le pays et seules 4 708 affaires ont abouti à des
condamnations, contre 11 133 acquittements et 1472 non-lieux. Le solde,
soit plus de 133 000 affaires, est toujours en cours.
En Chine, des décisions de justice défavorables aux femmes
En 2016, le gouvernement édictait un nouveau texte de loi incriminant
les violences faites aux femmes dans le cadre domestique. Sur le papier
c’est une avancée ; dans la réalité la loi n’est guère appliquée, et
quatre ans après, il demeure par exemple extrêmement rare qu’une cour de
justice ordonne la moindre injonction d’éloignement du domicile
conjugal pour les époux condamnés pour violences.
Parallèlement, le gouvernement a dénoncé et fait fermer la plupart
des associations féministes ou d’aide aux femmes, notamment celles qui
concentraient leurs efforts sur les victimes de violences conjugales.
Une répression qui touche aussi, plus largement tous les avocats
défendant les droits fondamentaux du pays, mais, comme le notait le rapport du groupe de travail de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les discriminations à l’égard des femmes : "La
dégradation de la situation des droits fondamentaux des femmes est
révélatrice des défis qui se posent à la société tout entière dans le
domaine des droits de l’homme."
En Arabie Saoudite, la séparation des sexes la plus stricte au monde
En Arabie Saoudite, Loujain Al Hathtloul a fêté ses 30 ans dans la
prison où elle est enfermée depuis près d'un an et demi. Elle a été
inculpée pour avoir réclamé pour les femmes le droit d'être seule au
volant et la fin du système du contrôle masculin saoudien. En raison du
militantisme des iraniennes contre le sexisme et les discriminations, le
pouvoir de Ryad a levé plusieurs interdictions faites aux femmes, comme
la fin de la tutelle masculine, pour les voyages des femmes ou pour une
déclaration de naissance, et l'autorisation pour les Saoudiennes de
conduire. Mais dans le pays où la séparation des sexes est la plus
stricte au monde et la domination masculine érigée comme système public,
les saoudiennes sont maintenues dans un statut de mineures, dépendantes
du patriarcat, et, du tutorat d'un parent, père, mari ou frère.
Depuis le mouvement #MeToo,
les débats sur la manière dont les femmes et les hommes abordent la
dynamique du pouvoir dans leurs vies personnelles et professionnelles ne
cessent d’être abordés, et ce, y compris en surface, dans leurs tenues
vestimentaires.
À quelques jours du 8 mars, journée internationale des droits des femmes,
nous revenons sur l’un de ces vêtements, le pantalon, qui a
particulièrement eu un rôle symbolique dans l’émancipation des femmes.
Look androgyne
Hors des podiums, la marque Ann Taylor a lancé il y a deux ans sa campagne Pants Are Power.
Selon la maison de couture, elle “rend hommage à l’évolution du
pantalon dans la mode mais aussi à ce vêtement en tant que symbole
d’égalité pour les femmes”. La question “Qui porte la culotte dans le
couple?” n’est donc plus simplement métaphorique.
L’acceptation sociale des
femmes en pantalon est relativement récente (dans une société contrôlée
par le patriarcat). On connaît bien sûr Jeanne d’Arc qui, en revêtant
une armure comme moyen de dissuasion contre le viol, s’est travestie en
homme et a fini sur le bûcher, en partie à cause de cela. En 1850,
Amelia Bloomer, militante des droits des femmes, a popularisé le bloomer,
pantalon ample, créé par Elizabeth Smith Miller, qui tombe jusqu’aux
genoux ou aux chevilles. Au XX siècle, le port du pantalon par les
femmes se limitait à certaines circonstances, comme les pantalons de
cyclisme, explique Emma McClendon, conservatrice adjointe au Musée du
Fashion Institute of Technology de New York. Dans les années 1920 et
1930, des stars comme Marlene Dietrich ont osé porter des
tailleurs-pantalons aux premières de films (Dietrich était habillée par
Gabrielle Chanel) et on disait de Katharine Hepburn que sa plus grande audace était de porter un pantalon.
Mais,
en tant que stars, souligne Emma McClendon, ces deux femmes pouvaient
se permettre d’adopter des looks androgynes sans véritables
conséquences, tandis que les femmes ordinaires auraient été condamnées à
une amende, conformément aux lois édictées par les hommes. En France,
les femmes avaient besoin d’une autorisation pour “s’habiller comme un
homme” dans le cadre professionnel, pour faire du vélo ou monter à
cheval. Si la loi n’était pas appliquée depuis plus d’un siècle, elle
n’a été abolie qu’en 2013. En 1939, à Los Angeles,
une femme a été jetée en prison pour avoir porté un pantalon au
tribunal, le juge le considérant comme une atteinte au bon déroulement
de l’audience en cours. Le Congrès américain a interdit aux femmes de
porter un pantalon au Sénat jusqu’à ce que la “révolte” de 1993 annule cette règle archaïque.
Des avancées ou pas
Il serait naïf de penser que les vêtements féminins
n’obéissent à aucune règle aujourd’hui: en 2009, une femme soudanaise a
été condamnée à une amende (mais a évité le fouet) pour avoir porté un pantalon vert,
en violation des “lois sur la décence publique”. Une règle adoptée en
2017 pour les golfeuses professionnelles stipulait qu’elles pouvaient
être condamnées à une amende pour le port de leggings.
Certains considèrent d’ailleurs ces derniers comme un pantalon
anti-pantalons, aussi oppressants que les corsets et les robes, selon un
éditorialiste du New York Times dont la tribune “Le pantalon de yoga est mauvais pour les femmes” a déclenché une controverse. Voilà où on en est.
Bien
sûr, il y a eu des avancées politiques et vestimentaires. Levi’s,
porte-drapeau américain du jean à travers l’image du cow-boy, a créé le Freedom-Alls il y a exactement un siècle, puis le Lady Levi’s.
“Apparu
l’année de la victoire de 1918, le Freedom-Alls y fait référence dans
son nom, tout en suggérant la libération du vestiaire féminin puisqu’il
offrait aux femmes une nouvelle tenue une-pièce pour profiter de
nouvelles activités de plein air comme la randonnée ou la conduite, ou
pour faire le ménage”, explique Tracey Panek, historienne de Levi
Strauss & Co.
Mannequins en pantalon
Dans
le monde de la mode avec un grand M, Yves Saint Laurent est sans doute
celui qui a le plus œuvré pour la libération du corps de la femme,
jusqu’alors corseté dans des robes.
“Il a fallu attendre les
années 1960 et 1970 pour constater une véritable rupture dans l’histoire
de la mode féminine”, reprend Emma McClendon. “Yves Saint Laurent a
énormément contribué à ouvrir la voie du pantalon aux femmes en leur
permettant de le porter en toute occasion: smokings, tenues de soirée,
tailleurs-pantalons-sahariennes pour les safaris… Il était
révolutionnaire dans la mesure où il ne féminisait pas du tout ce
vêtement, et qu’il a mis littéralement les femmes dans des tenues
masculines, présentant différents archétypes de la masculinité et de la
féminité.”
André
Courrèges a lui aussi contribué à ce mouvement, avant même le smoking
d’Yves Saint Laurent en 1966. Au printemps 1964, il habillait ses
mannequins en pantalon et bottes à talons plats, et encourageait le port du pantalon au quotidien.
Des
pionniers qui ont permis à la culture pop de donner naissance à des
moments emblématiques: le look androgyne de Diane Keaton dans Annie Hall en 1977, ou Brooke Shields dans le spot publicitaire de la marque
Calvin Klein en 1980.
“Les
vêtements se sont érigés comme frontière pour l’activisme politique”,
explique Emma McClendon, avant d’ajouter: “Nous sommes de plus en plus
conscients de la dynamique du pouvoir qui leur est inhérente.”
Femmes noires et métisses : une libération qui commence par les cheveux
Après des décennies d’injonction au défrisage et de canons de beauté
édictés par les Blancs, elles affirment leur identité en laissant leurs
cheveux au naturel.
Elle en a un peu marre qu’on ne lui parle que de ça. Juliette
Sméralda est sociologue, enseignante et chercheuse à l’université des
Antilles, pôle Martinique. Depuis qu’elle est venue présenter en 2005,
au Salon Boucles d’Ebène à Saint-Denis (93), son livre Peau noire, cheveu crépu. L’histoire d’une aliénation
(éditions Jasor), elle a beau avoir des tonnes de choses à dire sur
l’immigration indienne ou sur le rapport au sucre aux Antilles, on la
sollicite, on l’invite, on lui demande conseil et pourquoi la peau noire
ceci ou les cheveux crépus cela… Treize ans que les questions et les
témoignages fusent partout où elle va.
Samedi 13 octobre, conviée par l’association Sciences Pop, la mairie
de Saint-Denis et le Théâtre Gérard-Philipe, elle a donné une conférence
devant une salle bondée. Elle l’a fait dans le cadre de l’exposition
itinérante « Afro ! » conçue par la journaliste et militante féministe
et antiraciste Rokhaya Diallo et la photographe Brigitte Sombié,
auteures du livre éponyme (éditions Les Arènes), qui donne à voir des
personnes médiatiques ou inconnues, à l’aise avec leurs cheveux
naturels. Juliette Sméralda descendait tout juste de l’avion mais a
partagé pendant deux heures son savoir et sa réflexion uniques.
« C’est un souci permanent de vivre dans un pays qui nous donne le
sentiment qu’on n’existe pas parce que rien n’est pensé pour nous, ni
les pansements, ni les coiffeurs, ni les fonds de teint. » Rokhaya
Diallo
« Quand je me suis lancée dans Peau noire, cheveu crépu,
j’ai dû faire face à une absence totale de documentation, notamment en
français. Nous sommes censés avoir une université à la Martinique et à
la Guadeloupe, mais je ne sais pas de quoi elles s’occupent car il n’y a
pas de socio, de philo. Pas de psycho… Il y a des lettres par contre.
Beaucoup de gens qui inventent la réalité au lieu de l’explorer. Du
coup, on ne voit pas clair dans ces questions. Que faisaient les
Africains de leurs cheveux...
Voilà un document pour connaître un peu mieux l'écrivaine et son oeuvre.
Après avoir travaillé un extrait de "Mémoires d'une fille rangée" on va écouter un entretien avec l'auteure où elle s'exprime sur son célèbre "Le deuxième sexe" oeuvre par laquelle elle est devenue la référence du féminisme mondial.
On ne naît pas femme, on le devient"
Voilà une explication de cette phrase qui est devenue un réel slogan du féminisme évoquant le principale revendication des femmes dans le rapport d'égalité avec les hommes
ANA TIJOUX est une chanteuse franco-chilienne: née en France (Lille) de parents chiliens exilés pendant la dictature de Pinochet.
Le magazine Rolling Stone l'avait catapultée en 2014 comme «meilleure
rappeuse de langue espagnole» pour sa «diction précise et son
infaillible sens du rythme», elle a été nominée plusieurs fois aux
Grammy Awards, et sa musique résonne dans la série «Breaking Bad» ou
dans le jeu vidéo Fifa 11.
Cette rappeuse, contestataire depuis ses premières chansons, est devenue une référence du «réveil» social au Chili. C'est là qu'est née «Cacerolazo» (son dernier tube), un chant qui sur fond de casseroles
frappées par des cuillers appelle le président Sebastian Piñera à la
démission, et justifie historiquement la révolte provoquée par la hausse
du prix du ticket de métro.
Comme elle chante en espagnol, voilà le clip d'une de ses chansons plus connues mais avec les paroles en français: ANTIPATRIARCA
Barbara Pravi adapte une chanson d'Orelsan en hymne féministe
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Barbara Pravi livre une reprise de Notes pour trop tard d’
Orelsan qu’elle mêle à son propre morceau Le Malamour.
La chanteuse a réécrit librement le texte du rappeur en donnant des
conseils à une jeune fille face à ce qui l’attend dans la vie.
« N’oublie pas d’être une femme avant d’être une maman », chante
l’artiste qui appelle à la prise de confiance en soi et aborde aussi le
sujet des violences conjugales.
« C’est en parlant qu’on commence à guérir
Ainsi, dans cette reprise d’Orelsan par Barbara Pravi,
les paroles apparaissent très marquantes. Et elles font carrément
réfléchir : « T’as le sentiment d’être différente, tu marches pas dans
les clous, c’est peut-être toi qui as raison et les autres qui sont
fous ».
« Devenir une femme, y a pas de stage, pas de rattrapage. Je sais que tu l’as pas décidé mais tu le portes cet héritage […].
« N’oublie pas d’être une femme avant d’être une maman. Pense à
ton arrière-grand-mère qui pouvait pas décider, même pas divorcer, à
peine respirer. »
Un enchainement tout à fait grandiose qui parle de vérités et d’amour aussi , l’amour à soit même ! :
« Laisse personne croire que c’est de ta faute, que t’as mérité
la violence ! Stoppe l’influence, quelle qu’elle soit, des gens toxiques
qui évolueront près de toi. Tu es trop forte, tu es trop belle, trop
importante. »
« S’il te fout une claque, faudra que tu te fasses la malle.
S’il te touche alors que tu veux pas, faudra pas que tu trouves ça
normal. L’amour et la violence ne font pas bon ménage. Surtout laisse
rien passer pour pas tomber dans l’engrenage, insiste Barbara Pravi avec
force. N’aies pas peur d’en parler, n’aies pas peur de le dire. Fais
moi confiance, c’est en parlant qu’on commence à guérir. »
Le morceau se conclut sur les paroles du Malamour
(« Adieu le malamour, souvenir des coups qu’on prend pour des
caresses… ») dont la version acoustique intégrale est disponible depuis
ce vendredi sur
l’ensemble des plateformes de téléchargement et de streaming. Les droits générés seront reversés à La Maison des femmes, qui accueille les femmes victimes de violences.
Nuit de la Solidarité: les femmes SDF au coeur de la seconde opération
SANS-ABRI - C'est la seconde édition de la Nuit de la Solidarité.
Jeudi 7 février au soir, la Mairie de Paris a organisé le recensement des
sans-abri de la capitale. Une opération qui s'inspire d'initiatives
similaires à l'étranger. Et surtout, qui a permis en 2018 de mettre au
jour la présence de nombreuses femmes dans la rue, auparavant peu
visibles.
De 22h à 1h du matin, 1600 Parisiens bénévoles et 400 travailleurs sociaux volontaires ont participé au comptage des SDF.
Ils ont quadrillé Paris par petites équipes pour dénombrer les
personnes dormant à la rue, sauf les bois de Vincennes et Boulogne déjà
répertoriés par les professionnels.
Le
périmètre a été étendu à des interstices jusqu'ici inexplorés: les
parcs et jardins, les talus du périphérique, les immeubles du bailleur
Paris Habitat, de nouveaux parkings... En faisant attention aux femmes,
qui ont tendance à se cacher davantage que les hommes.
En 2018, 3035 sans-abri avaient été recensés dans les rues de la capitale. Dont 12% de femmes. Selon
L'Insee, en 2012, elles ne représentaient que 2% des sans-abri de
l'agglomération parisienne. Des chiffres qui ne seraient a priori pas le
reflet de la réalité, tant les femmes SDF sont discrètes, de peur
d'être agressées, violées, discriminées en raison de leur sexe.
"Les demandes des femmes seules au 115 ont augmenté de 66% entre 2006
et 2016", avait expliqué à l'AFP Eric Piedra, de l'Armée du Salut, au
moment de l'ouverture de la "Cité des Dames", un centre d'accueil dédié
uniquement aux femmes sans-abri dans le 13e arrondissement de Paris le
1er décembre 2018. Il est depuis géré par l'Armée du Salut avec
l'Association pour le développement de la santé des femmes (ADSF).
Depuis cette observation, la Mairie de Paris a ouvert des haltes et centres dédiés aux femmes. Le 12 décembre notamment ouvrait la Halte pour les femmes SDF, deux salles au coeur même de l'Hôtel de Ville consacrées à l'accueil de "femmes en situation d'errance".
"La
rue est dure pour tous, mais pour les femmes c'est une violence
supplémentaire et nous avons voulu leur offrir plus de possibilités
d'accueil", avait expliqué la Maire de Paris Anne Hidalgo lors de son
ouverture, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.
Violences domestiques:Le domicile est "l'endroit le plus dangereux" pour les femmes
Selon une étude de l'ONU, 58% des femmes tuées
dans le monde en 2017 l'ont été par leur compagnon ou des membres de
leur famille...
Plus de la moitié des femmes assassinées dans le monde en 2017 ont été tuées par leur compagnon ou des membres de leur famille, ce qui fait du domicile «l'endroit le plus dangereux pour une femme», selon une étude de l'ONU publiée dimanche.
Dans cette étude diffusée à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes,
le Bureau des Nations unies sur la Drogue et la Criminalité a calculé
que sur un total de 87.000 homicides de femmes dans le monde en 2017,
environ 50.000 (58%) ont été commis par leur compagnon ou des membres de
leur famille.
Environ 30.000 (34%) ont été commis par le partenaire de la
victime. «Cela représente environ six femmes tuées toutes les heures par
quelqu'un qu'elles connaissent», a observé le Bureau des Nations unies
sur la Drogue et la Criminalité, basé à Vienne.
«Un déséquilibre dans les rapports de pouvoir»
La grande majorité (environ 80%) des victimes d'homicides dans le
monde sont des hommes, mais «les femmes continuent à payer le prix le
plus élevé en termes d'inégalité hommes-femmes, de discrimination et de
stéréotypes négatifs», a déclaré le chef du Bureau de l'ONU, Iouri
Fedotov.
«Elles sont aussi celles qui ont le plus de probabilité d'être tuées
par leur compagnon ou des membres de leur famille (...) ce qui fait du
domicile l'endroit le plus dangereux pour une femme», a-t-il souligné.
«Le fait que les femmes continuent à être victimes de ce type de
violences davantage que les hommes dénote un déséquilibre dans les
rapports de pouvoir entre hommes et femmes dans la sphère domestique».
Les risques sont les plus importants en Afrique et dans les Amériques
Selon les calculs du Bureau de l'ONU, le taux global de femmes
victimes d'homicide s'élève à 1,3 victime pour 100.000 femmes. En outre,
l'Afrique et les Amériques sont les régions du monde où les femmes ont
le plus de risques d'être tuées par leur compagnon ou un membre de leur
famille. En Afrique, le taux s'élève à 3,2 victimes pour 100.000 femmes,
dans les Amériques 1,6, en Océanie 1,3 et en Asie 0,9. Le taux le plus
bas est observé en Europe, où il s'élève à 0,7.
Selon le Bureau de l'ONU, «aucun progrès tangible» pour combattre ce
fléau n'a été fait ces dernières années «en dépit de législations et de
programmes développés pour éradiquer les violences contre les femmes».
Les conclusions du rapport «soulignent le besoin d'une prévention de
la criminalité et d'une justice pénale efficaces pour affronter les
violences contre les femmes». Le rapport appelle aussi à une meilleure
coordination entre la police et la justice pour que les auteurs de
violences soient tenus responsables de leurs actes. Le rapport préconise
enfin l'importance d'impliquer les hommes dans les solutions, notamment
à travers l'éducation dès le plus jeune âge.
25 NOVEMBRE: JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L'ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE À L'ÉGARD DES FEMMES
L’une des violations des droits de l’homme les plus dévastatrices
Aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes et des filles
constitue l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues,
les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde.
Les inégalités entre les sexes persistent dans le monde entier,
empêchant les femmes et les filles d'exercer leurs droits fondamentaux
et compromettant les perespectives qui s'offrent à elles. Selon le
dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies,
des efforts plus énergiques devront être faits pour parvenir à
l'égalité des sexes et autonomiser les femmes et les filles, notamment
sur le plan juridique, afin de lutter contre les discrimination sexistes
profondément ancrées, qui sont souvent la conséquence d'attitudes
patriarcales et de normes sociales apparentées.
Des faits inadmissibles
La violence à l'égard des femmes est la forme la plus extrême
de discrimination. D'après les données recueillies auprès de 87 pays de
2005 à 2016, 19% des femmes âgées de 15 à 49 ans affirmaient avoir subi
des violences physiques ou sexuelles infligées par un partenaire intime
au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête. Dans les cas les plus
extrêmes, ces violences peuvent conduire à la mort. En 2012, près de la
moitié des femmes victimes d'homicides volontaires dans le monde avaient
été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille, contre
6% des hommes.
La mutilation génitale féminine représente un autre cas
d'extrême violence. Cette pratique a baissé de 24% depuis l'an 2000
environ. Pourtant, sa prévalence reste élevée dans certains des 30 pays
disposant de données représentatives à ce sujet. Une enquête réalisée
dans ces pays vers 2015 révèle que plus d'une fille sur 3 âgées de 15 à
19 ans a subi un type de mutilation sexuelle, contre près d'une sur
deux autour de l'an 2000.
Enfin, tout juste un peu plus de la moitié (52%) des femmes
âgées de 15 à 49 ans, qui sont mariées ou vivent en union libre,
prennent leurs propres décisions en matière de sexualité, de méthodes
contraceptives et de services de santé. Ce chiffre est tiré de données
remontant à 2012 environ, disponibles pour 45 pays dont 43 situés dans
des régions en développement.
Cette année sera marquée par la campagne TOUS UNIS sur le thème « Ne laisser personne de côté : mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles
». Comme les années précédentes, la couleur orange est un thème central
et unificateur de toutes les activités. Les bâtiments et les monuments
seront illuminés et décorés en orange afin d'attirer l’attention de tous
sur la question de la violence contre les femmes et les filles.
À propos de l'interdiction du voile à l'école voilà le regard porté sur cette affaire par la dessinatrice EMMA où elle dénonce cette pratique. Une histoire qui nous fera réfléchir.
Au Pérou les Miss se révoltent contre les violences faites aux femmes
« Mon nom est Camila Canicoba et mes mensurations sont 2.202 féminicides en neuf ans dans mon pays ». L’élection de Miss Pérou, retransmise en direct à la télévision, a été utilisée par les candidates pour dénoncer les violences faites aux femmes.
Lors de leur présentation au public, dimanche soir dans un grand théâtre de Lima, à la place de leur tour de poitrine, de taille et de hanche, les 23 finalistes du concours national de beauté ont énuméré d’alarmantes statistiques.
« Une fillette meurt toutes les dix minutes »
« Une fillette meurt toutes les dix minutes (dans le monde) victime de l’exploitation sexuelle », « plus de 70 % des femmes au Pérou sont victimes de harcèlement de rue », « 81 % des auteurs d’agressions sexuelles sur des jeunes filles de moins de 5 ans sont proches de la famille », ont lancé ces jeunes femmes en robes à paillettes dorées.
« Malheureusement, il y a beaucoup de femmes qui ne savent pas et pensent être des cas isolés », a déclaré à l’organisatrice du concours Jessica Newton, Miss Pérou 1987. « La reine de beauté nationale doit être l’ambassadrice des femmes qui se tiennent debout, de toutes celles qui n’ont pas de voix », a-t-elle estimé.
La violence touche tous les secteurs
Selon elle, la violence touche tous les secteurs : sur les
150 candidates au concours, cinq ont été victimes de violences, « dont
certaines de viol par un proche ». Le Pérou est le deuxième pays
d’Amérique du Sud qui compte le plus grand nombre de femmes violées,
derrière la Bolivie, d’après l’Observatoire de la sécurité citoyenne qui
dépend de l’Organisation des Etats américains (OEA).
Depuis le scandale Weinstein,
les dénonciations de harcèlement sexuel et de violences subis par des
femmes se multiplient ces dernières semaines, notamment sur Twitter et
Facebook via les mots-clés (hashtags) #Balancetonporc ou
#metoo.
En plein scandale Weinstein, et alors que les langues se délient aux Etats-Unis comme en France pour dénoncer le harcèlement sexuel, le magazine féminin met à l'honneur "les femmes victimes de la violence des hommes."
"Cette semaine dans 'Elle', on se souvient de Marie
Trintignant", indique la publication postée sur Instagram lundi 16
octobre, accompagnée du hashtag "Stop aux violences faites aux femmes".
Clique sur l'image pour lire l'édito.
Une semaine avant, "Les Inrocks" avaient consacré leur couverture à
l'ancien chanteur de Noir Désir, libéré en octobre 2007, après avoir été
condamné à huit ans de prison pour avoir porté des coups mortels à sa
compagne l'actrice Marie Trintignant.
Mais ce choix éditorial avait provoqué la colère de nombreuses
femmes, y compris au sein du gouvernement. "Et au nom de quoi
devons-nous supporter la promo de celui qui a assassiné Marie
Trintignant à coups de poings? Ne rien laisser passer", s'était par
exemple insurgé la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa sur Twitter.