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mercredi 6 mai 2020

LES CONTEMPLATIONS

"Les Contemplations" le tombeau littéraire d'Hugo a sa fille
Il s'agit d'un recueil de poèmes que Victor Hugo a publié en 1856 mais qui ont été écrits sur une vaste période et regroupés en deux parties: "Autrefois" et "Aujourd'hui". Je vous rappelle que nous avons lu celui qui évoque sa jeunesse, l'amour, la nature : "Elle était déchaussée, elle était décoiffée ..."  mais aussi celui qui est empreint de tristesse, de deuil après la mort de sa fille Léopoldine, noyée dans la seine.

Demain, dès l'aube...


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Écoutez cette émission de France Culture et suivez le texte avec la transcription:


lundi 21 octobre 2019

LA POÉSIE DE VICTOR HUGO

Ça peut pas faire de mal est une émission de France Inter où Guillaume Gallienne fait une lecture chaque semaine d'extraits d'auteurs ou d'oeuvres littéraires. Voilà celle dédiée à la poésie de Victor Hugo.

vendredi 10 mai 2019

BEN JELLOUN ET LE GONCOURT DE POÉSIE

Prix Goncourt de la poésie: l’émouvant hommage de Tahar Ben Jelloun à Yvon Le Men

Aujourd’hui le Goncourt de la poésie a été remis à Yvon Le Men pour l’ensemble de son œuvre. Lors de cette cérémonie, l’écrivain et poète Tahar Ben Jelloun a tenu un discours fort. Le lauréat en a été très touché. 


«Vous êtes un troubadour, un voyageur qui porte le poème dans des lieux parfois improbables, parfois sur des scènes importantes ; vous êtes le messager d’une parole toujours vive, urgente et rarement paisible. La poésie vous habite au point où toute votre vie lui est consacrée. Vous allez d’une ville à un village, d’une plaine à une prairie dire, réciter le poème qui a besoin d’être dit pour vivre, qui a besoin d’être entendu pour poursuivre son chemin vers d’autres écoutes.
Vous êtes un poète du terrain, un observateur sans relâche, vous scrutez la terre, vous êtes dans la vie concrète et aussi invisible et vous dites vos poèmes. 

C’est parce que vous êtes absolument convaincu que la poésie sauvera le monde, un monde de plus en plus inquiet, malade ou inconscient. Vous êtes certain que seule la poésie fera se lever des consciences et peut-être entamera un réveil sain et nécessaire. 

«Vous transmettez avec bonheur votre rage et votre émerveillement»
C’est parce que vous considérez que «le poème est le plus court chemin d’un homme à un autre» (Eluard), que vous êtes un passeur, vous transmettez avec bonheur votre rage et votre émerveillement.
Comme Kateb Yacine qui est arrêté un jour à Sidi Bel Abas par un vieil homme ne sachant ni lire ni écrire et lui dit «tu es Kateb, c’est-à-dire écrivain, alors assieds-toi et écoute-moi», il vous est arrivé, vous aussi d’être interpellé dans une rue à Lannion par un inconnu qui vous dit: «Toi t’es poète, t’as le temps, tu m’écoutes»!
Vous l’écoutez parce que le poète est aussi celui qui écoute le monde, qui prend le temps de recueillir les paroles de ceux qui passent, comme «ces hommes des mains fatiguées avant l’heure/ qui ont bâti la maison de mes poèmes»
[...]
SOURCE:  http://www.lefigaro.fr/livres

jeudi 7 mars 2019

LE PRINTEMPS DES POÈTES

Le Printemps des Poètes est une manifestation francophone créée en 1999 se déroulant en France et au Québec.
Il incite le plus grand nombre à célébrer la poésie, quelle que soit sa forme d'expression sur tout le territoire, à l'image de la Fête de la musique.
Chaque édition tente de mettre en avant un sujet particulier sur lequel il sera alors possible de composer selon son inspiration : la ville, l'amour (Lettera amorosa), « L'éloge de l'autre », le rire, « D’infinis paysages », « Enfances », entre d'autres thèmes.
Chaque année, plus de 12 000 manifestations et autres festivités sont organisées, à l'occasion de cette semaine consacrée à l'art poétique, qui se déroule habituellement au mois de mars, précédant de quelques jours l'arrivée du printemps.
En 2016, la manifestation reçoit le prix Goncourt de la poésie pour l'ensemble de son action. 
L'édition 2019 se déroule autour du thème "La Beauté"
« La Beauté est l’un des symboles par excellence de la quête poétique, cette quête qui fait que le poète se dépasse, se transcende, s’élance vers autre chose, à la recherche de l’essentiel (…) » Franck Riester, Ministre de la Culture

J’ai vu une enfance violentée rêver devant un amandier en fleurs.
J’ai vu un homme emprisonné retrouver souffle à la lecture d’un poème.
J’ai vu le ciel déverser des tonnes d’azur sur nos morts.
J’ai vu la neige brûler moins que les larmes.
J’ai vu le soleil consoler un coquelicot, et réciproquement.
J’ai vu un arc-en-ciel en cavale sous l’orage.
J’ai vu un ange noir chanter sous les étoiles.
Et je n’ai trouvé qu’un mot pour dire cela qui transcende le chaos, l’éphémère et la joie mêlés de nos vies : LA BEAUTÉ.
J’entends Aragon, immortalisé par Ferré : Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses. J’entends Eluard : J’ai la beauté facile, et c’est heureux. J’entends Char bien sûr : Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. Mais aussi ces innombrables voix de poètes qui ne cessent d’extraire la beauté ensauvagée du monde.

Sophie Nauleau, 13 mai 2018.


lundi 25 février 2019

LE PROFESSEUR DE FRANÇAIS ANTONIO MACHADO


Il y a quatre-vingts ans mourait à Collioure Antonio Machado, 25 jours après son arrivée en France avec sa mère, son frère José et sa belle-sœur Matea.
Épuisée et désespérée, il est miné par la tristesse et la maladie, il n’écrit plus, il souffre de son exil qui le sépare de son pays. Antonio Machado meurt le 22 février 1939. Sa mère meurt trois jours après.
Poète suffisamment connu dont je voudrais seulement signaler ses raports avec la France et le français
Séjours à Paris
En juin 1899, Antonio Machado rejoint son frère Manuel à Paris où il travaille pour les éditions Garnier en tant que traducteur. Machado fait la connaissance d’Oscar Wilde, de Jean Moréas, de Pío Baroja, de Rubén Darío .... Il revient en Espagne et en 1911, après avoir reçu une bourse d’études pour Paris, il y arrive avec son épouse Leonor Izquierdo Cuevas, qu’il a épousée en 1909. Il fréquente le Collège de France et suit les cours d’Henri Bergson, de Joseph Bédier, d’Antoine Meillet et d’Abel Lefranc, entre autres.
Professeur de français : Soria, Baeza, Segovie et Madrid
Antonio Machado passe le concours pour devenir professeur de français et Il prend son poste à l’Institut général et technique de Soria en 1907. À la fin de l’année 1912, Antonio Machado est nommé à l’Institut général et technique d’enseignement à Baeza, petite ville d’Andalousie. Il demeure sept ans dans cette ville, où il entreprend des études de philosophie. Il obtient sa licence en 1918.
En 1919 Machado reçoit son ordre de mutation pour le lycée de Ségovie. Sa vie est partagée entre les enseignements au lycée, à l’université populaire (conçue pour la classe ouvrière) et aux réunions – « Tertulias » – avec ses amis au café la Unión et autres cafés de la ville. Il se rend à Madrid les fins de semaine.
Après la proclamation de la Seconde République le 14 avril 1931, il est nommé professeur de français au lycée Calderón de la Barca à Madrid où il s’installe à partir de 1932, puis, en 1935, au lycée Cervantes, jusqu’à son départ pour Valencia.
Antonio Machado repose au cimetière de Collioure. Au fil des années, sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage où de nombreux Espagnols viennent se recueillir et laisser des messages dans une boîte aux lettres disposée à cet effet.
Et aussi sur sa tombe. Voilà nous aussi, l'IES Blas Infante quand nous lui avons rendu notre particulier hommage!

Et quand viendra le jour du dernier voyage,
Quand partira la nef qui jamais ne revient,
Vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,
Quasiment nu, comme les enfants de la mer.